Un peu de temps à consacrer à ce blog et vous permettre de vous familiariser avec une discipline spectaculaire qui demeure encore méconnue du grand publique. Arboriste-grimpeur est un métier qui depuis une dizaine d'années évolue en notoriété, technicité et compétences où le respect du végétal et de son environnement sont les principes fondamentaux. L'arboriste grimpeur évolue presque essentiellement en parcs et jardins, bien loin des forêts "d'exploitation" où le bois abattu a plus de valeur économique qu'un sujet aux magnifiques charpentières...  "L'éhouppeur intervient lui avant "la mise à mort" des sujets désignés le plus souvent par le gestionnaire forestier et consiste à supprimer une partie ou l'ensemble du houppier d'un arbre avant son abattage. Cette opération a comme objectif principal la préservation de la grume et donc de sa valeur marchande, contre les risques d'éclatement et de cassure (voir photo) , la protection de la régénération de proximité, gage d' avenir économique et d'éviter les risques d'encrouage ou de blessure, préjudiciables pour les arbres voisins.. 

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Photos 1 et 2 : Un chêne abattu sans avoir été éhouppé... La fourche, en atteignant le sol s'est ouverte en se refermant comme une pince produisant une tension à la grume qui ici s'est fendue sur toute sa longueur.

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 Certaines essences sont sensibles à la fente ou à l'éclatement comme le hêtre, le frêne ou l'érable. Leur hauteur et l'absence de défaut augmentant les risques "de casse". Les arbres à fort houppier, comportant de grosses charpentières ou  de grosses fourches rendent les abattages très délicats ou la "chance" demeure souvent le seul facteur de succès. Les fourches à écorce incluse présentent encore plus de risque... (Comme ici sur les 2 photos suivantes où l'on aperçoit ce phénomène sur un tilleul argenté). Les charpentières sont théoriquement jointes par les fils du bois mais souvent de l'écorce s'installe à la jonction, fragilisant la tenue mécanique de l'ensemble. Cette faiblesse peut aboutir à une rupture des tissus du bois qui même sans la présence de vent peut s'ouvrir à tout moment.

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Le"botteur" doit être un excellent bûcheron car il applique les techniques d'abattage au sol, "rivé" sur ses "griffes", en hauteur et sans chemin de repli. La prise en compte du danger est permanente et il doit choisir la meilleur solution rapidement et efficacement car sa rémunération est fixée à la"pièce". La fourchette de prix varie de 35 à 60  euros suivant les difficultés et le nombre de sujets à traiter, le prix étant fixé de gré à gré. Le temps consacré au bottage d'un arbre varie de 5 à 15 minutes environ. Le matériel de base de grimp est composé d'un baudrier avec ou sans sellette, d'une longe armée de préférence pour ses qualités de rigidité, d'un rappel de bonne longueur, de 2 cordelettes à prussik, de  mousquetons , d'une paire de griffes et d'une tronçonneuse adaptée et affûtée... Quant à la réglementation qui concerne les travaux en hauteur, je n'ose aborder le sujet tant la différence est grande avec le monde des arboristes grimpeurs où le moindre détail est étudié pour allier sécurité et efficacité... Retrouvez les photos de cette journée dans l'album intitulé : BOTTAGE OU EHOUPPAGE. STEPHANE CHARDOT. Bonne visite !

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